Planter un figuier peut sembler une bonne idée. Pourtant, c’est souvent un choix à éviter. C’est probablement l’arbre le plus ingrat qui soit. Entre sa sève toxique, ses racines destructrices, ses maladies et ses fruits qui pourrissent au sol, il cumule les inconvénients. Et attention à ceux qui le plantent trop près de leur maison ou de leurs canalisations. Cet article vous explique pourquoi le figuier est (de très loin) l’un des pires arbres à planter au jardin, mais aussi comment le maîtriser grâce à quelques astuces efficaces.
Les 4 principaux inconvénients du figuier au jardin
Ouvrons le bal sans pincettes : le figuier (Ficus carica, pour briller au Scrabble) n’est pas ce petit ange méditerranéen qu’on imagine gentiment adossé à un vieux mur. Il a un véritable CV de fauteur de troubles végétal, surpassant même la ronce. Si vous aimez les surprises désagréables, vous serez servis…
Sa sève : un contact qui peut provoquer des brûlures au soleil
Autant vous dire tout de suite : manipuler un figuier en short et t-shirt, c’est comme faire de la soudure pieds nus. La sève blanche et poisseuse du figuier – ce fameux latex – contient des furocoumarines (avec leurs copines psoralènes et bergaptènes, membres honoraires du gang des Moracées). Ces molécules ne font pas semblant : elles restent sur votre peau, et dès que le soleil pointe son nez, boum ! Phototoxicité.
Le résultat ? Rougeurs vives, cloques importantes, voire une dermite sévère qui démange intensément. Les symptômes apparaissent 12 à 24 heures après le contact : éruptions de type eczéma ou urticaire, puis cloques, parfois des taches sombres qui peuvent persister plusieurs mois. J’ai vu un voisin finir l’été avec le bras marqué comme une carte topographique…
Ses racines : un danger pour vos canalisations et fondations
Le point fort du figuier, ce sont ses racines traçantes et puissantes qui agissent comme un bulldozer lent mais infatigable. Elles aiment s’aventurer sous vos dalles de terrasse pour soulever tout ce qui n’est pas assez lourd, voire même ce qui l’est. Un petit muret non renforcé ? Il cédera facilement. Les canalisations ou drains humides ? C’est une invitation ouverte pour ces racines qui détectent l’eau à plusieurs mètres.
Confier sa plomberie aux racines d’un figuier, c’est comme donner sa carte bancaire à un enfant dans un magasin de bonbons : la fin est connue, et la facture sera salée.
Sa vulnérabilité aux maladies et aux parasites
Sans dramatiser, le figuier est sujet à plusieurs maladies et parasites coriaces :
- Chancre du figuier : Plaies ouvertes sur branches ou tronc qui suintent ou dessèchent, cicatrisation difficile.
- Rouille du figuier : Petites taches couleur café sur le revers des feuilles, provoquant leur chute prématurée.
- Cochenille du figuier : Manteau blanc poisseux sur branches et feuilles, collant et attirant les fourmis.
- Mouche de la figue : Pond ses œufs dans les fruits mûrs, les transformant en bouillie infestée d’asticots.
À noter : Le figuier est robuste et résiste bien à la sécheresse, mais il reste vulnérable à certaines maladies.
Son développement : un arbre imposant et un encombrement important
Un petit plant aujourd’hui peut devenir en cinq ans un arbre imposant, étalant sa ramure comme un parasol XXL avec une ombre si dense que même les mauvaises herbes abandonnent dessous. Votre gazon sous l’arbre sera clairsemé, comme après un été caniculaire.
En automne, attendez-vous à devoir slalomer entre des feuilles coriaces, grandes comme des assiettes (le compost apprécie moins que vos lombaires). Pour couronner le tout, une pluie de figues tombées en août-septembre, collantes sur la terrasse, accompagnée d’un essaim de guêpes aussi calmes qu’un contrôleur SNCF après une grève.
Les emplacements à éviter pour planter un figuier
Vous vous demandez où planter votre figuier sans transformer votre jardin en zone sinistrée ? Certains endroits sont à proscrire, sauf si vous appréciez les fissures imprévues et un gazon envahi. Voici les conseils sans détour.
Trop près de la maison : une distance minimale indispensable
Pour préserver fondations, murs et terrasses, respectez une distance minimale : au moins 5 mètres pour un figuier adulte, voire 7 mètres pour les variétés géantes comme la ‘Noire de Bellone’. Même si votre terrain est petit, ne réduisez pas cette distance. Pour les variétés plus compactes comme ‘Goutte d’Or’, 4 mètres suffisent, mais pas moins. Les racines du figuier ne respectent pas les limites de propriété : elles s’étendent sous les dalles ou carrelages, parfois jusqu’à votre salon.
Rappel important : un figuier a besoin d’espace, comme un adolescent avec sa musique. Offrez-lui au moins 5 mètres de liberté, sinon il s’invitera dans votre salon… en passant par les fondations.
Au-dessus des réseaux enterrés : un emplacement à proscrire
Planter un figuier au-dessus d’une canalisation ou d’un tuyau enterré, c’est s’exposer à de gros dégâts. Les racines du figuier détectent la moindre fuite ou humidité, comme un chien flairant une proie. Le résultat : infiltration dans les tuyaux en PVC, écrasement des drains, blocages importants. L’appel au plombier sera inévitable et coûteux.
En plein petit jardin : un arbre qui crée une ombre dense
Vous pensez qu’un figuier égayera simplement votre petit jardin ? C’est une erreur. Un arbre adulte peut transformer un petit espace en une grotte ombragée permanente. Adieu pelouse verdoyante et potager ensoleillé ! Sous cette ombre dense, même les pissenlits disparaissent.
Anecdote : un voisin a essayé pendant trois saisons de refaire sa pelouse sous un vieux figuier, en semant des sacs entiers de graines. Résultat : une mousse déprimante et quelques touffes clairsemées nécessitant un arrosage constant.
Pour profiter des fruits sans encombrer votre jardin, privilégiez la culture en pot ! Certaines variétés compactes (‘Gustis Ficcolino’, ‘Pastillière’) s’adaptent parfaitement à une grande jardinière, vous permettant d’avoir des figues sans devoir gérer un encombrement important.
Comment gérer un figuier sans problèmes
Deux types de jardiniers existent : ceux qui anticipent l’arrivée du figuier en préparant son emplacement, et ceux qui découvrent un jour une racine dans leur salon. La sérénité commence par une bonne préparation. Voici comment maîtriser cet arbre sans en subir les désagréments.
Contrôler les racines : la barrière anti-rhizome, un allié indispensable
Installer une barrière anti-rhizome autour d’un figuier permet d’éviter, dix ans plus tard, des travaux coûteux pour réparer canalisations ou dallages fissurés. Le principe : creuser une tranchée circulaire d’environ 70 cm de profondeur autour de la motte, puis y insérer un film épais en polypropylène (1,5 à 2 mm d’épaisseur), légèrement incliné vers l’extérieur à 15°. Ce chantier initial, un véritable investissement pour la tranquillité, délimite l’espace de croissance des racines. La jonction du film doit être parfaitement étanche : scotchez, rivetez ou fixez solidement, sans laisser de passage.
L’effort initial est important, mais il vaut mieux passer deux heures à creuser que d’appeler un dépanneur pour une fosse septique bouchée un dimanche après-midi.
Équipement indispensable pour tailler et récolter en toute sécurité
Tailler ou récolter un figuier sans protection, c’est s’exposer à des brûlures et blessures.
Voici la liste des protections indispensables face à la sève irritante :
- Gants montants (épais et longs, pas des mitaines)
- Vêtements couvrants (manches longues et pantalon solide)
- Lunettes de protection (pour éviter les projections dans les yeux)
- Choix des horaires : intervenir par temps couvert ou en soirée, car soleil + sève = brûlure assurée.
Opter pour une variété plus calme : tous les figuiers ne sont pas envahissants
Certaines variétés de figuiers sont moins envahissantes et occupent moins d’espace, avec des racines moins agressives.
| Variété | Envergure à maturité | Vigueur des racines |
|---|---|---|
| Dalmatie | 3 à 4 m | Modérée |
| Goutte d'Or | 2,5 à 3 m | Faible à modérée |
| Bourjassotte Rayé | jusqu'à 5 m | Très vigoureuse (à éviter en petit jardin) |
Le choix judicieux est ‘Goutte d’Or’ ou ‘Dalmatie’, adaptées aux jardins moyens ou grands bacs. ‘Bourjassotte Rayé’ est une variété vigoureuse, idéale uniquement pour les grands espaces.
Le figuier face à d’autres arbres problématiques du jardin
Le figuier n’est pas le seul arbre à poser problème dans les jardins domestiques. Le pin parasol, par exemple, présente lui aussi de nombreux inconvénients.
Le figuier possède des racines traçantes qui soulèvent les terrasses, une sève phototoxique, et une chute de feuilles importante. Le pin parasol, quant à lui, transforme la pelouse en tapis d’aiguilles brunes, crée une ombre dense sur un rayon de 20 mètres, et ses racines fissurent piscines, dallages et murs. De plus, il transporte des colonies de chenilles processionnaires, rendant les week-ends au jardin plus compliqués.
Chaque arbre a ses inconvénients. Avant de choisir, consultez les inconvénients du pin parasol pour constater que le figuier n’est pas le seul à avoir un caractère bien trempé.
Des alternatives pour des fruits sans complications
Parfois, il est préférable d’opter pour des arbres fruitiers moins encombrants et plus faciles à gérer. Le pommier en colonne est un excellent choix : il prend peu de place, produit rapidement, nécessite peu de taille et ne gêne pas la tondeuse. Le cognassier du Japon est rustique, résistant à la sécheresse, peu sujet aux maladies et non envahissant. Pour varier, pensez aussi au cerisier nain ou au prunier ‘Opal’, qui offrent un encombrement réduit, une récolte facile et moins de soucis que les arbres plus imposants.




