Que mange un blaireau ? Comprendre son alimentation et vivre sereinement avec lui au jardin

Jardinage

Vous pensiez que le blaireau était un nuisible ? On vous explique comment ce gros gourmand rend (vraiment) service à votre jardin.

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On ne va pas se mentir : retrouver son jardin sens dessus dessous à cause d’un blaireau, c’est franchement pénible. Mais de là à lui coller l’étiquette de nuisible, il y a un monde. Car sous ses airs de gros flemmard, Maître Blaireau est surtout un auxiliaire précieux pour le jardinier. - Il se régale des limaces et autres bestioles que vous maudissez.
- Il vous donne un coup de main pour aérer votre sol.
- C’est un indicateur redoutable de la qualité de votre terre.

Et en bonus, il est bien plus peureux que la plupart des "nuisibles" qui sévissent dans vos plates-bandes. En fait, il est tellement utile qu’on pourrait presque l’engager comme consultant en permaculture.

Dans cet article, nous expliquons comment cohabiter avec ce féru d’omelette aux limaces.

Que mange un blaireau ? Le menu détaillé du gourmet des sous-bois 🦡

Le blaireau d’Europe, alias Meles meles (oui, c’est son vrai nom et pas un mot de passe Wi-Fi oublié), est le genre d’animal qui s’invite à table et ne fait pas la fine bouche. Soyons honnêtes : côté menu, il tape dans tout ce qui traîne sous les feuilles mortes. Officiellement omnivore, officieusement opportuniste, il fait moins le difficile que votre ado devant une assiette de brocolis. Bref, dans la jungle du potager anarchique, il rafle ce qu’il trouve – et c’est tant mieux pour nous !

Son plat de résistance : les vers de terre et autres invertébrés

Si on devait ouvrir un restaurant pour blaireaux, spoiler : la carte serait presque monotone. Sa passion ? Les lombrics ! Oui, ce mammifère à rayures passe son temps à retourner le bazar végétal du sol, pif en l’air (enfin, au ras du sol), pour choper tout ce qui gigote ou bave dans l’ombre.

Autant vous dire que c’est le meilleur ami de vos salades – pendant que vous pestez contre les limaces en pleine orgie sur vos jeunes pousses, lui fait le ménage gratuitement.

Le buffet à volonté du blaireau :
- Lombrics dodus (plat préféré)
- Limaces bien grasses (celles qui transforment vos laitues en dentelle)
- Escargots imprudents
- Larves de hanneton et autres bestioles rampantes
- Insectes divers et variés (même ceux dont on ne prononce jamais le nom au Scrabble)

D’expérience : une fois, j’ai retrouvé mon carré d’aromatiques retourné façon chantier de taupe hyperactive… mais plus aucune limace à l’horizon. On appelle ça un échange de bons procédés – ou une journée normale chez Maître Blaireau.

Blaireau d'Europe groin au sol entouré d'invertébrés

L’option végétarienne : fruits, racines et céréales

Ne croyez pas que ce gros gourmand se contente du rayon boucherie du sous-bois. Quand vient la saison des fruits tombés, des baies éclatées et des tubercules qui pointent leur museau par hasard… il n’est pas du genre à laisser passer une bonne affaire.

"Le blaireau face à un verger, c'est un peu nous face à une boîte de chocolats ouverte : la bonne volonté a ses limites. Mais il a la décence de ne manger que ce qui est déjà par terre." — Gaspard Brochier

Fruits blets (pommes, poires), glands oubliés par les écureuils syndiqués, tubercules sauvages ou même un épi de maïs mal planqué… soyons honnêtes, il ne va pas dévaster votre potager anarchique : il picore comme un enfant chapardant dans la réserve de bonbons. Si dégâts il y a ? Moins qu’un merle sous amphétamine.

Le petit plaisir coupable : micromammifères et autres créatures

Parfois – mais alors vraiment quand il tombe dessus par erreur – monsieur glouton se fait plaisir avec une taupe mal réveillée ou un campagnol trop téméraire. Il lui arrive aussi de croquer une grenouille distraite ou d’aller fouiller un nid au sol… mais l’idée qu’il chasse activement relève franchement du fantasme : soyons clairs, ce n’est pas le renard ! Son style ? Flâneur flemmard plus que prédateur surentraîné.

Et pour être complet : même si ça n’arrive quasiment jamais sous nos latitudes civilisées (enfin…), sachez qu’un lynx affamé ou un loup mal luné pourraient envisager le blaireau comme snack nocturne. Mais vu sa discrétion et son armure pileuse façon hérisson bodybuildé… disons qu’il y a plus simple comme casse-croûte !

Le régime du blaireau au fil des saisons : un omnivore qui s'adapte

Oubliez les animaux à l’estomac programmé comme une horloge suisse. Le blaireau est l’artiste du menu modulable : son plan alimentaire change plus vite que les tendances TikTok, et il connaît son terrain mieux que n’importe quel jardinier du dimanche (ou du lundi matin post-fête).

Au printemps et en été : le festin des protéines

Le retour des beaux jours, ce n’est pas juste la fête de la tondeuse… c’est l’heure pour Maître Blaireau de se gaver façon marathonien. Les sols détrempés par la pluie ? Parfait pour débusquer des vers de terre dodus sans se salir les pattes (enfin, façon de parler). Toute cette abondance n’a rien d’un hasard : à cette période, il faut nourrir la Blairelle et sa smala de blaireautins affamés, qui piaillent comme des réveils sans snooze.

On parle vraiment d’un festin digne d’un banquet gaulois (mais version lombric) : insectes en pagaille, larves bien juteuses et même quelques racines tendres pour varier l’assiette. Autant vous dire, mettre le nez dehors à la tombée du jour quand on est lombric ou escargot… c’est risqué !

Blaireau fouillant la terre humide au crépuscule

Anecdote du terrain : un vieux voisin m’a raconté qu’il avait surpris une blairelle transportant trois vers de terre en même temps dans sa gueule – façon baguettes sous le bras. Il faudrait presque leur inventer des sacs cabas !

En automne : la préparation à l’hiver à grands coups de glucides

L’automne arrive et finit le body summer… place à la prise de masse hivernale ! Les fruits chutent, les glands pleuvent – c’est la période raclette pour le blaireau, mais version forêt. Sa technique ? Faire le plein de tous les glucides trouvables : pommes ratatinées, poires bousculées, faînes oubliées par les sangliers et maïs égaré dans un champ trop accessible… tout passe.

En gros : il mange tout ce qui est capable de finir en graisse sans demander son avis au diététicien. Et franchement, vu son pelage épais et ses réserves conséquentes, on peut difficilement lui reprocher d’être prévoyant.

Résumé clé — Buffet automnal du blaireau :
- Pommes et poires tombées (pas besoin d’échelle)
- Glands et faînes ramassés entre deux ronflements
- Maïs oublié sur pied ou traînant après récolte
- Baies diverses si vraiment la concurrence n’a rien laissé

Et en hiver ? Un appétit au ralenti

Il a juste la flemme de sortir quand il gèle (et franchement, qui ne ferait pas pareil ?).
Contrairement aux hérissons ou autres marmottes obsédés par l’hibernation intégrale, notre blaireau entre seulement dans une semi-torpeur – avec une activité minimale assurée. La réserve accumulée à l’automne fait office de menu principal ; si vraiment un redoux pointe le bout du nez (ou juste parce qu’il s’ennuie), il ira grignoter deux-trois racines mal planquées ou chasser un ver paumé sous le gel. La motivation tient plus du manque d’alternative que du plaisir.

Vous avez déjà tenté une promenade nocturne pieds nus en février ? Lui non plus.

Un blaireau dans votre jardin : faut-il paniquer pour le potager et le poulailler ?

Vous avez aperçu des traces de patounes trapues ou quelques trous suspects dans la pelouse au petit matin ? Pas de panique, ne sortez pas tout de suite les grands moyens anti-invasion : c’est sûrement Maître Blaireau qui a fait une halte technique. Ici, on parle d’un artisan du bazar végétal – pas d’un bulldozer nocturne prêt à tout ravager.

Le blaireau et votre potager anarchique : un simple chapardeur

Bon, soyons honnêtes, il lui arrive parfois de transformer votre pelouse en tapis de golf mal entretenu… mais avant de râler, posez-vous la vraie question : préférez-vous quelques trous ou une armée de limaces ? Parce que si monsieur laboure ici ou là, c’est qu’il y a festin sous vos pieds – signe imparable d’un sol vivant et bourré de bestioles. À choisir, autant avoir un contrôleur qualité gratuit qu’une invasion gluante.

Blaireau fouillant la pelouse avec limaces apeurées
  • Oui, parfois un épi de maïs disparaît en douce (on connaît tous pire voleur).
  • Les dégâts se limitent à des "pots" (petits trous), rarement plus.
  • Le vrai carnage au potager ? Ce sont les rats et campagnols qui s’en chargent !
**Le bilan comptable du passage d'un blaireau**
Quelques trous par-ci par-là ? Certes. Mais en échange : moins de limaces (vos salades disent merci), moins de larves de coléoptères faucheurs de racines, et un sol aéré comme jamais !

Moralité : son passage n’est rien comparé à celui d’une colonie de limaces ou d’une bande de campagnols déterminés. Vous avez déjà tenté d’arrêter une attaque groupée de gastéropodes ? Bon courage.

Le mythe du blaireau tueur de poules : la grande supercherie

Là-dessus, soyons catégoriques : imaginer notre gros paresseux moustachu lancer un assaut ninja sur vos poules dodues relève du scénario de série B. Non seulement il est équipé pour gratter la terre (pas pour boxer une poule réactive), mais il préfère cent fois tomber sur un œuf oublié que risquer le picorement vengeur d’une pondeuse nerveuse.

Autant vous dire qu’il a autant de chance de s’attaquer à vos poules que vous d’achever enfin ce projet bricolage lancé en 2021. Les vraies terreurs du poulailler ? Ce sont les renards filous – eux n’ont ni scrupule ni problème d’organisation ! Et les chiens errants font bien plus de dégâts en deux minutes chrono.

À noter aussi : les rares cas où l’on accuse un blaireau correspondent surtout à des poulaillers ouverts aux quatre vents ou à des volailles déjà en bout de course. Les spécialistes sérieux confirment : ce n'est pas son sport favori.

Blaireau devant un poulailler intact avec renard en embuscade

Bref, on arrête l’affolement généralisé : gardez vos clôtures raisonnables, surveillez vos œufs frais… et profitez du spectacle nocturne plutôt que du stress inutile.

Cohabiter avec Maître Blaireau : le nourrir ou l'inviter à voir ailleurs ?

Vous rêvez d'apprivoiser un blaireau façon chat errant, bol de croquettes sous le bras ? Mauvaise idée. Ici, on parle d'un animal sauvage (oui, même avec sa bouille de nounours mal réveillé), qui doit rester autonome pour ne pas finir abonné à la cantine du jardin. Mais parfois – sécheresse sévère, sol aussi sec que vos géraniums post-vacances – on peut donner un petit coup de pouce, sans transformer Maître Blaireau en touriste assisté.

Comment aider un blaireau de passage (sans en faire un assisté)

On ne nourrit pas un blaireau comme on remplit la gamelle du chien ! Sauf urgence climatique (canicule, sol bétonné), limitez votre générosité : une coupelle d’eau, quelques fruits abîmés ou des noix non salées (genre restes du marché ou pommes douteuses) suffisent amplement. Le tout bien planqué au fond du jardin, loin des regards (et surtout loin de la maison… sinon bonjour les visiteurs indésirables).

"Nourrir occasionnellement n'est pas adopter : le vrai coup de main, c'est la discrétion et la rareté ! Si vous transformez votre jardin en self-service quotidien, vous attirerez bientôt renards, corneilles et rats affamés dans le combo du chaos."

Insistez – non, VRAIMENT – sur l’exceptionnalité du geste : un blaireau dépendant devient vite un blaireau imprudent… et là c’est la porte ouverte à tous les accidents routiers ou rencontres malheureuses avec le voisinage.

Clôture douce renforcée pour potager anti-blaireau

Astuces pour lui faire comprendre que l’herbe est plus verte ailleurs

Envie de préserver vos radis sans virer tyran ? Il existe des méthodes douces pour envoyer ce concierge à rayures inspecter d’autres quartiers. Exit les pièges et autres horreurs moyenâgeuses : place à la créativité jardinière.

Checklist anti-blaireau façon Gaspard :

  • Éclairage à détecteur de mouvement : rien de plus agaçant pour un animal nocturne que de finir sur le tapis rouge façon festival de Cannes.
  • Odeurs repoussantes : marc de café frais autour des plantations sensibles, poils récupérés sur Médor après brossage (le vôtre hein, pas ceux du voisin !), répulsifs à base d’huile d’os (en jardinerie). Les bestioles n’aiment pas ça, c’est prouvé !
  • Renforcer la clôture : enterrez un grillage à mailles fines sur 20-30 cm sous terre à la base des clôtures et portillons. Simple mais diablement efficace contre l’équipe taupe-blaireau.
  • Limiter l’accès aux poubelles/poulaillers : gardez les déchets bien fermés et évitez les appâts faciles type compost ouvert.
Respectez toujours la réglementation locale : le blaireau est protégé dans nombre de régions, toute intervention musclée peut vous coûter cher… Voire beaucoup plus cher que deux salades trouées !

Bref : on peut vivre paisiblement avec ce bazar ambulant sans sombrer dans le délire expulsion ou adoption sauvage. Qui a dit qu’un jardin devait être aseptisé ?

Alors, le blaireau : auxiliaire discret ou simple glouton à rayures ?

Le blaireau est avant tout un omnivore adaptable qui régule naturellement les limaces, laisse vos poules tranquilles et fournit des indices précieux sur la santé du sol. Quand il creuse dans votre pelouse ou retourne deux-trois mottes, ce n’est pas par vice mais parce que votre terre regorge de vie – ce n’est pas lui le problème si vous avez oublié d’aérer !

Côté réputation, il est accusé pêle-mêle de tous les maux (ESOD dans certains départements si l’administration s’ennuie, chassé en vénerie sous terre à la sauce XIXe siècle, voire suspecté à tort de propager la tuberculose bovine selon l’ANSES). On oublie ainsi son rôle irremplaçable pour le jardinier imparfait et on préfère fantasmer sur ses talents imaginaires de vandale nocturne. Sérieusement, avez-vous déjà vu un blaireau remplir une fiche de frais ou s’organiser pour nuire méthodiquement ? Moi non.

**Pourquoi tolérer Maître Blaireau dans son bazar végétal ?**

- Il régule naturellement limaces et vers blancs (vos salades applaudissent)
- Il indique un sol sain, vivant et riche (bien plus fiable qu’un test chimique)
- Il respecte vos poules mieux que beaucoup d’animaux domestiques

Alors, la prochaine fois que vous tombez sur un trou suspect au pied du pommier, penserez-vous « vandale »… ou « consultant en permaculture version bodybuildée » ?

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