Soyons clairs : l’Oreille-de-Judas (Auricularia auricula-judae) n’est pas le champignon le plus séduisant au premier regard. Son nom est à peu près aussi repoussant que son apparence, qui évoque davantage une grosse oreille humaine qu’un succulent bolet. Et pourtant : derrière cette drôle de bestiole se cachent des saveurs insoupçonnées, des bienfaits pour la santé et même un potentiel décoratif que bien peu de champignons peuvent se targuer d’égaler. Sauf que voilà : encore faut-il savoir où la chercher, comment la reconnaître, ce qu’on peut en faire et par-dessus tout, qu’elle existe. Alors, on a décidé de lui consacrer un guide complet. Vous y découvrirez comment l’identifier sans la confondre avec un truc dangereux, où et quand la trouver, comment la cuisiner, ses bienfaits pour la santé, et même comment la cultiver chez vous (avec ou sans jardin). Vous ne regarderez plus jamais un morceau de bois mort de la même manière !
L'Oreille-de-Judas : Un champignon fascinant qui pousse sur le bois
Si vous pensiez que la forêt n'était qu'un décor pour vos balades dominicales, autant vous dire que vous alliez passer à côté du plus grand bazar végétal post-mortem : l'Oreille-de-Judas, alias Auricularia auricula-judae. Ce machin, souvent confondu avec une relique de dîner d'Halloween, n'est pas là pour décorer les épisodes de Walking Dead – même si son look fait débat chez les esthètes du sous-bois. Soyons honnêtes, qui s'attend à tomber nez à nez avec une oreille pendue façon breloque sur une branche moisie ?
Où et quand trouver l'Oreille-de-Judas ?
Vous avez déjà essayé d'observer un tronc de sureau mort sans rien voir d'autre qu'une poignée de mousse triste ? Eh bien, c'est là que l'Oreille-de-Judas adore squatter. Ce champignon s'installe en priorité sur le bois mort ou faiblard, surtout celui du sureau noir (Sambucus nigra), mais il n'est pas contre un petit squat sur d'autres feuillus si vraiment il ne reste plus de place au bar à sureau. Il prospère d'octobre à mars (oui, il aime l'humidité et la fraîcheur plus que votre oncle en parka), et n'a aucun problème à se montrer alors que tout le monde grelotte.
Vous rêvez d'en voir une colonie ? Restez dans les forêts feuillues après la pluie ou cherchez sur les souches et branches mortes – ambiance "fin de soirée en forêt" garantie !
Retrouvez tous les détails sur l'identification et l'utilisation de ce champignon dans Oreilles de Judas champignon : identification, comestibilité, culture et recettes
Son apparence : entre l'oreille humaine et le bois mort
Vous trouvez qu'une morille a une tête bizarre ? Attendez de croiser notre Oreille-de-Judas ! Ce champignon affiche une forme de coupe ou d'entonnoir lobée, oscillant entre 2 et 8 cm (voire plus pour les champions). Sa couleur va du brun-rose au violacé profond ou carrément sombre quand il prend ses aises sous la pluie.
Sa texture ? Gélatineuse et élastique, un vrai chewing-gum des sous-bois (sauf que celui-ci colle moins aux baskets qu'entre les dents).
De près, impossible de louper son côté "oreille humaine oubliée derrière une haie". La face supérieure est brillante ou ridée selon l'humeur météo ; la face inférieure mate joue la discrétion. Les botanistes comme Pierre Bulliard (celui qui était déjà là avant Wikipédia) ou le sérieux Carl von Linné ont fait entrer cette curiosité dans la nomenclature histoire qu'on ne soit pas seuls à se demander ce qu'on vient de ramasser.

Anecdote amusante : certains collectionneurs affirment en avoir vu pousser dans leur tas de bois... parfois même là où leur chien avait l'habitude de dormir. Spoiler : ça ne donne aucune saveur supplémentaire.
Identification de l'Oreille-de-Judas : La chasse au trésor fongique sans se faire des frayeurs
Comment identifier l'Oreille-de-Judas sans confusion
Autant vous dire tout de suite, l'Oeille-de-Judas et les frayeurs mycologiques, c'est comme la pluie en juillet : ça existe, mais franchement, faut tomber dessus. Les confusions sont rarissimes pour peu qu'on ait deux yeux en état de marche et pas trop la tête dans le compost !
La seule vraie candidate à la confusion, c'est Tremella mesenterica, alias la "gelée dorée". Là où Auricularia tapine en brun-noirâtre limite glauque, Tremella brille par son jaune pétard façon canari sous acide. Son autre différence ? Elle est ultra-gélatineuse, mais n'a JAMAIS la forme d'une oreille humaine.
Des experts comme Joseph Schröter ou Elias Magnus Fries ont contribué à classifier l'Auricularia auricula-judae dans les ouvrages mycologiques de référence. Merci à eux – sinon on serait peut-être encore à chercher des oreilles sur les citrons.
Les indices qui ne trompent pas : sa forme, sa texture gélatineuse et sa couleur...
Alors, comment être absolument sûr d'avoir affaire à une Oreille-de-Judas sans demander un test ADN ? Facile. Voici le topo :
- Forme : Coupe ou oreille bien marquée, lobes irréguliers qui donneraient des complexes à Dumbo lui-même.
- Texture : Gélatineuse ET élastique. Fraîche, elle rebondit sous le doigt ; sèche, elle ressemble à une chips ratée qui retrouve toute sa splendeur après trempage (autant vous dire que c’est bluffant !).
- Couleur : Du brun rosé translucide au brun noirâtre sombre – parfois un soupçon de violet chez les jeunes sujets. Rien à voir avec des couleurs flashy !
- Face supérieure : Lisse ou ridée selon la météo et l'âge du spécimen ; luisante comme un bonbon oublié.
- Face inférieure : Mate et discrète (la modestie incarnée).
Impossible de se planter si on coche ces cases – même Miles Joseph Berkeley s’est penché sur son cas au XIXe siècle pour clarifier le portrait robot du spécimen.

Résumé clé : Si ce que vous trouvez ressemble plus à une gelée jaune fluo qu'à une oreille marron translucide... reposez-la vite !
Comestibilité et Saveurs : Oui, on peut manger cette oreille ! (Et c'est même bon)
Peut-on manger l'Oreille-de-Judas ?
Autant vous le dire sans détour : l'Oreille-de-Judas est parfaitement comestible. Mieux, elle est cultivée et dégustée sur tous les continents où des gens ont l'audace de ne pas s'arrêter à l'aspect "morceau d'oreille oubliée dans un bain de boue". Ce champignon squatte déjà les assiettes asiatiques depuis des siècles, et il n'est pas rare de le croiser en version séchée chez tout bon épicier chinois qui se respecte. Les végétariens lui font la fête pour ses fibres et sa richesse en protéines, tandis que les carnivores en quête de textures improbables y trouvent leur compte – bref, de quoi mettre tout le monde d'accord (ou presque).
Mon premier rendez-vous avec cette oreille...
Anecdote : La première fois que j'ai goûté l'Oreille-de-Judas fraîchement cueillie, c'était à cru, façon "survivor du dimanche". Résultat ? Sensation gélatineuse chelou mais pas désagréable… jusqu'à ce que ma belle-mère me demande si j'étais certain qu'elle n'était pas toxique. Autant vous dire que l'ambiance à table était plus tendue que le cuir d'une vieille chaussure ! Depuis, je cuis – et je recommande chaudement la cuisson pour éviter les sueurs froides familiales.
Résumé clé : Oui, on peut vraiment manger l'Oreille-de-Judas ! C'est même validé par tous les guides sérieux… mais évitez juste de la servir crue aux sceptiques du sous-bois.
Crue ou cuite : Quelle est la meilleure façon de la consommer ?
Vous avez déjà essayé de croquer dedans crue ? On dirait une méduse raisonnable échappée du potager ! L'Oreille-de-Judas peut techniquement se consommer crue (en salade par exemple), mais soyons honnêtes : sa texture gélatineuse fait tiquer plus d'un convive…
Cuisez-la quelques minutes dans un wok, une soupe ou une poêlée, et là – miracle ! – sa consistance devient craquante, presque croquante quand elle est bien saisie. La chaleur adoucit son goût quasi-neutre et transforme ce machin gluant en vedette texturale de vos plats. Bonus inattendu : même desséchée puis réhydratée elle garde toute son identité, un détail qui épate tout bon bricoleur culinaire.
Ses notes subtiles : entre le neutre et le croustillant surprenant.
Ne cherchez pas l'arôme musqué du cèpe ou la folie parfumée d'une morille : l'Oreille-de-Judas joue clairement sur un autre terrain. Son parfum est discret voire inexistant (certains disent qu'elle a aussi peu de goût qu'une réunion de copropriété). Mais son intérêt ? Une texture unique au rayon "chewy-croustillante" impossible à oublier une fois testée !
En bouche, elle rappelle une algue douce ou un cartilage raffiné (oui oui), idéale pour donner du corps à une soupe miso ou relever un sauté de légumes vite fait-bien fait. Attention néanmoins aux confusions : Auricularia polytricha (le fameux "champignon noir" asiatique) est parfois vendu sous le même nom mais reste très proche niveau texture. Quant au fameux syndrome de Szechwan (une confusion avec des espèces piquantes), il ne concerne PAS l'oreille-de-Judas européenne…

En résumé : si vous aimez les textures croquantes et surprenantes, l'Oreille-de-Judas est faite pour vous. Si vous voulez faire pousser des clous dans votre bouche… passez votre chemin !
Recettes et Utilisations : Sortez vos woks, on va se régaler !
L'Oreille-de-Judas en cuisine : Une star des plats asiatiques
On ne va pas tourner autour du wok éternellement : l’Oreille-de-Judas (ou Mu-Err pour les puristes du dim sum) est LE champignon indispensable pour qui veut donner du mordant, sans finir avec une sauce insipide ou des légumes tout mous. Si vous pensiez qu’il n’était bon qu’à faire peur aux enfants dans le jardin, autant vous dire que la gastronomie chinoise (et thaïlandaise) a su en tirer bien mieux depuis des siècles.
Son truc à elle ? Absorber toutes les saveurs comme une éponge sous stéroïdes ! On la retrouve sautée dans un wok au côté de légumes croquants, flottant dans des soupes aux parfums complexes ou glissée incognito dans un plat de nouilles brûlant. Vous avez déjà essayé un porc sauté "champignons noirs" ou une soupe pékinoise sans ces morceaux gélatineux ? Spoiler : ça fait l’effet d’un festin sans sel, autant dire tristounet…
Voici quelques exemples d'utilisation culinaire :
- Soupe pékinoise aux oreilles de Judas (avec tofu, viande ou version végétarienne)
- Nouilles sautées au bœuf et champignon noir
- Salades fraîches avec lamelles d’Oreille-de-Judas marinées
On la trouve aussi frite pour accompagner des mezze asiatiques ou panée façon tapas sino-méditerranéens. Le tout avec ce petit effet rebond sous la dent qui fait rager les fans de textures fades.
Idées recettes pour sublimer l'Oreille-de-Judas
Vous pensez que cuisiner ce champignon relève de la magie noire ? Soyons honnêtes : c’est aussi simple que de planter un clou mou. Voici des idées sorties du marché ET testées sur cobayes consentants (oui, même Peter Tremayne y trouverait son compte entre deux énigmes).
- Salade croquante Oreille-de-Judas & sésame :
- Réhydratez vos oreilles séchées (10 min dans l’eau tiède), coupez-les en fines lamelles, puis mélangez-les avec carotte râpée, coriandre fraîche, oignon nouveau et une vinaigrette soja-sésame-citron vert.
- Vous avez déjà essayé de remplacer les classiques champignons de Paris par cette texture insensée ? Succès garanti… sauf si votre taboulé ressemble déjà à une brique.
- Sauté minute façon wok :
- Saisissez à feu vif du poivron, quelques pois gourmands et l’Oreille-de-Judas tranchée ; ajoutez sauce soja gingembre, oignon et piment selon humeur. Ça croque, ça rebondit en bouche — tout le contraire d’une ratatouille mollassonne.
- Soupe express miso-Oreille-de-Judas :
- Dans un bouillon miso chaud, jetez quelques lamelles du fameux champignon préalablement hydraté avec tofu et ciboule. Simple et plus surprenant qu’une omelette aux orties improvisée.

Le petit plus : ses propriétés texturantes dans vos plats
Là où certains champignons fondent comme neige au micro-ondes ou finissent spongieux comme une éponge oubliée derrière l’évier, l’Oreille-de-Judas joue solo : texture croquante ET moelleuse, le graal pour relever n’importe quel bazar culinaire un peu fade. D’ailleurs, c’est LA raison pour laquelle on le glisse partout en Asie — il donne du volume et du ressort sans jamais écraser les autres saveurs.
Résumé clé : L’Oreille-de-Judas ne sert pas juste à faire joli – elle évite la sensation “faire pousser des clous” sous la dent tout en ramenant ce « mâcher-rebond » unique dont raffolent les vrais gourmets… même ceux qui pensent que la texture n’a aucun intérêt !
Bienfaits et Vertus : Plus qu'une oreille, un concentré de bien-être !
Si vous pensiez que l’Oreille-de-Judas avait pour principal talent de simuler un bout d’oreille oubliée lors d’un barbecue dans les bois, accrochez-vous à vos tisanes : ce champignon aligne une liste de vertus qui ferait pâlir d’envie la pharmacie du coin. On va remettre quelques pendules à l’heure côté santé – spoiler : NON, ça ne remplace pas une greffe du cerveau ou un nouveau cœur, mais ça peut sacrément aider votre quotidien de bipède stressé.

Les bienfaits de l'Oreille-de-Judas selon la science et la tradition
On n’est pas là pour faire de la poésie mycologique : Auricularia auricula-judae coche toutes les bonnes cases quand il s’agit de donner un coup de boost à votre organisme. Son CV nutritionnel ferait passer le quinoa pour un fast-food.
Principaux bienfaits démontrés ou traditionnellement reconnus :
- Riche en fibres (digestion soulagée, intestins contents)
- Source de polysaccharides (soutien des défenses naturelles, système immunitaire stimulé par les bêta-glucanes)
- Effet anticoagulant naturel (favorise la circulation sanguine ; certains y voient même un atout contre les petits tracas cardiovasculaires)
- Hypoglycémiant (aide au maintien d’une glycémie stable – coucou les excès sucrés !)
- Hypocholestérolémiant (petit coup de pouce pour garder des artères propres – on ne garantit pas la suppression du beurre dans votre vie, hein)
- Riche en minéraux essentiels (potassium, calcium… tout ce bazar dont votre corps a désespérément besoin entre deux croissants)
- Effet astringent doux (en médecine traditionnelle chinoise, il serait même recommandé pour apaiser certains petits désordres digestifs)
Et histoire de finir le tableau façon « champignon parfait », on lui prête aussi des vertus antioxydantes – mais bon, restez sérieux : manger une pizza Oreille-de-Judas ne vous transformera pas en Benjamin Button.
Des propriétés intéressantes pour votre organisme (et votre moral de jardinier)
Bien sûr, l'Oreille-de-Judas ne guérit pas tous les maux, mais elle peut être un excellent complément dans une alimentation équilibrée. N’empêche… L’Oreille-de-Judas a toute sa place dans une alimentation équilibrée : ses polysaccharides sont étudiés pour leur effet sur l’immunité, ses fibres font des miracles chez ceux qui ont le transit capricieux et ses composés actifs jouent les trouble-fête face au cholestérol et à la glycémie en montagne russe.
Les sportifs du dimanche ou du mardi y trouveront un allié naturel pour soutenir leur vitalité sans finir accros aux smoothies protéinés qui sentent la craie.
Résumé clé : Ajoutez une poignée d’Oreilles-de-Judas à vos plats, c’est comme donner un petit coup de pouce silencieux à vos artères sans devoir subir les sermons du toubib.
La mycothérapie : Les bienfaits des champignons médicinaux
Vous avez déjà entendu parler de mycothérapie ? Non ? C’est simplement l’art et la manière d’utiliser les champignons médicinaux comme outils naturels pour prendre soin de sa santé (oui, ça existe vraiment). Et devinez quoi ? L’Oreille-de-Judas y fait figure de vétéran — utilisée depuis des lustres en Asie pour accompagner traitements ou routines quotidiennes.
Dans le grand bazar fongique thérapeutique, elle est réputée :
- Pour soutenir la micro-circulation sanguine (pratique si vos jambes gonflent plus vite que vos tomates cerises…)
- Comme soutien immunitaire pendant les périodes où « tout le monde tombe malade sauf moi » n’est plus qu’un souvenir.
- En complément alimentaire sous forme séchée ou gélules ; parce que mâcher directement 200g d’oreilles fraîches par jour… Soyons sérieux…
La mycothérapie n’a rien d’une baguette magique : cela s’inscrit dans une démarche globale (alimentation variée + activité physique + sommeil = combo gagnant). Si vous attendez des miracles façon pub télé des années 90… spoiler : ça ne marche jamais du premier coup !
Anecdote-galère : j’ai testé l’infusion Oreille-de-Judas après une rando pluvieuse — bilan : goût étrange certes, mais genoux moins grinçants le lendemain. Coïncidence ? Peut-être. Effet placebo ? Allez savoir. Mais tant qu’on ne me demande pas d’en faire pousser dans mon café… je continue !
Culture à Domicile : Faites pousser vos propres Oreilles-de-Judas (même sans jardin !)
Oubliez la chasse au champignon réservée aux vieux bouquins poussiéreux et aux balades interminables sous la pluie : aujourd'hui, on s'improvise myciculteur de salon ou d'abri de jardin. L'Auricularia auricula-judae n'a pas besoin de jardin Versailles pour prospérer. Soyons honnêtes, si vous savez manipuler une cafetière et que vous ne faites pas pousser des clous dans vos jardinières, vous avez toutes vos chances !
Le substrat idéal pour cultiver l'Oreille-de-Judas
Pour que l'Oreille-de-Judas daigne pointer le bout de son lobe chez vous, il lui faut un substrat digne de ce nom – mais sans prise de tête. Ce champignon raffole du bois mort, surtout celui des feuillus comme le sureau (son préféré), le peuplier, le hêtre ou même le chêne. La bûche qui traîne dans le coin du garage ? Candidat parfait tant qu'elle n'a pas fini humide et grise depuis trois hivers.
Vous êtes plus du genre à préférer la sciure à la tronçonneuse ? Parfait aussi : la sciure de bois dur mélangée à un peu de son (et non, ce n'est pas une recette miracle anti-calcaire) fait très bien l'affaire. Les substrats "type shiitaké" conviennent parfaitement : tout ce qui contient beaucoup de lignine et zéro sapin (conifère = échec assuré). Pas besoin d'une notice compliquée ni d'un diplôme en biochimie fongique, croyez-moi !
Méthodes de culture : Du kit prêt-à-l'emploi à la méthode DIY
Vous avez déjà tenté un meuble en kit avec une visseuse récalcitrante ? Pareil ici.
- La solution facile : les kits tout prêts. Vous recevez votre sac bourré de substrat déjà colonisé par le mycélium d'Oreille-de-Judas – il suffit généralement d'arroser et d'attendre que les oreilles percent comme par magie (ou frustration). Idéal pour les allergiques au bricolage ou ceux qui collectionnent les plantes vertes en plastique.
- La version bricolo : là on sort la perceuse et on récupère quelques bûches bien choisies (pas du pin, s'il vous plaît !). On fore des trous dans la bûche (proprement hein), on y insère des chevilles/mycélium spécifique ou du grain colonisé, puis on bouche les orifices avec de la cire naturelle. Ensuite… on place le tout dans un coin frais et humide et on croise les doigts.
Il existe aussi la méthode "sac poubelle" : mélangez sciure stérilisée + mycélium dans un sac percé ; ambiance laboratoire clandestin garantie. Moins joli sur Instagram, certes, mais efficace quand même — si on n'oublie pas d'humidifier régulièrement sous peine d'obtenir… rien.

Entretien et patience : Les clés pour réussir votre culture
Autant vous prévenir : faire pousser l’Oreille-de-Judas c’est comme bricoler une cabane à oiseaux… mais sans certitude que les locataires arrivent vite ! Pour que votre mini-bazar végétal fructifie vraiment :
- Humidité élevée indispensable (brumisateur ou arrosoir conseillé)
- Température modérée : entre 15° et 25°C, évitez juste le radiateur collé contre les bûches ou le plein soleil façon four solaire.
- Lumière tamisée ou pénombre partielle (on n’est pas sur du champignon solaire).
- Patience extrême : plusieurs semaines/mois entre inoculation et première oreille rebondissante — spoiler : ça ne va JAMAIS aussi vite qu’annoncé sur la boîte.
- Aération régulière sans courants d’air glaciaux ni ambiance sauna turc.
L’entretien quotidien se résume souvent à vérifier que tout reste humide sans transformer votre pièce en marais poisseux… Préparez-vous à voir surgir les premières oreillettes gélatineuses façon potager anarchique : rien ne pousse jamais où l’on voudrait exactement — mais quelle satisfaction devant ces appendices improbables sortis du néant !
L'Oreille-de-Judas : Mythes, Réalités et Notre Avis Final (pour ne pas vous laisser en plan)

Déconstruire les idées reçues : L'Oreille-de-Judas est comestible et facile à cultiver
Soyons honnêtes, rares sont les champignons à cumuler autant de fantasmes bidons que l’Oreille-de-Judas. L’idée persistante qu’il s’agirait d’un "champignon noir suspect", forcément toxique ou destiné à finir sous cloche pour amuser les entomologistes amateurs… Spoiler : c’est du flan ! Non seulement l'Auricularia auricula-judae est parfaitement comestible, mais elle affiche aussi une tolérance quasi scandaleuse pour la culture domestique. Vous avez entendu dire que c’est introuvable ? Mauvaise pioche. Ce n’est ni le diamant noir du sous-bois ni une joyeuseté réservée aux sorciers des forêts scandinaves : ça pousse partout où un tronc de sureau traîne sa bosse, et parfois même sans prévenir sur une vieille bûche délaissée.
Et puis cette croyance tenace qu’on en tomberait malade… Pas plus de risques qu’avec un champignon de Paris mal lavé ! Même le fameux "syndrome de Szechwan" n’a rien à voir avec notre Oreille européenne : il ne concerne que des excès invraisemblables de champignon asiatique Auricularia polytricha dans quelques rares cas médicaux (et encore, rien ne prouve quoi que ce soit). Bref, on arrête la paranoïa collective : mangez-le, admirez-le et cultivez-le sans crise d’angoisse inutile !
Résumé clé : Ce champignon n’est PAS toxique, il se trouve plus facilement qu’une vis dans une caisse à outils mal rangée et sa culture relève davantage du jeu d’enfant que d’un défi mycologique réservé aux prix Nobel.
Confusions possibles : Comment éviter les erreurs d'identification
Vous avez déjà hésité entre deux chaussettes noires au fond d’une panière ? Pareil niveau probabilité d’erreur avec l’Oreille-de-Judas. Les confusions existent – mais elles font sourire tout botaniste équipé de lunettes correctes. Les deux principaux "pièges" sont :
- Tremella mesenterica (la "gelée dorée") : jaune pétard et forme indéfinissable ; aucun risque si vous savez distinguer le marron du fluo. Très différente en bouche ET en apparence.
- Exidia truncata : texture gélatineuse aussi, mais jamais lobée comme une oreille — plutôt globule flottant au bout d'une branche détrempée. Peu engageant côté cuisine…
Même Elias Magnus Fries (grand manitou des mycologues) s’est amusé à classer ces drôles de gélatines afin d’éviter que les novices ne finissent par beurrer leurs tartines avec n’importe quoi. Si vous cochez : lobes bien marqués + couleur brun-noirâtre + pousse sur bois mort = bingo ! Vous pouvez être fier(e) de votre flair fongique.
Pourquoi adopter l'Oreille-de-Judas dans votre quotidien ?
On va droit au but — pourquoi laisser l’Oreille-de-Judas dormir sous la poussière des idées préconçues ? Elle coche toutes les cases du bon candidat à adopter :
- Facile à identifier pour qui prend un peu le temps d’observer.
- Trivialement simple à cultiver chez soi (bûche + humidité + patience = texture rebondissante garantie).
- Comestible sans histoires, pour changer du duo éculé girolle-cèpe.
- Bienfaits nutritionnels et médicinaux documentés : fibres, soutien immunitaire et tout le bazar utile pour affronter nos existences modernes trop pressées.
- Polyvalente en cuisine ; elle transforme n’importe quelle soupe rachitique ou wok fatigué en festin texturé qui intrigue même les sceptiques invétérés !
Bref, si vous croisez un vieux morceau de sureau pelé cet hiver… arrêtez-vous deux secondes avant de râler sur l’état du bois mort. Avec un peu de curiosité (et beaucoup moins de préjugés), vous y verrez peut-être LA prochaine star improbable de votre potager anarchique ou de vos casseroles pleines d’audace. Osez donc l’expérience – vous verrez vite la forêt autrement… Et si vraiment ça rate ? Il restera toujours la visseuse récalcitrante pour bricoler autre chose !